Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 16:43
Aujourd'hui, samedi 1er mars 2008, la dernière minute de l'heure terminale du jour final de l'ultime date de renditude possible et irrévocable pour la maquette des Bohemians-jusqu'au-prochain-changement-de-nom avait lieu. Vous l'aurez deviné, ça s'est passé un peu comme mes révisions de partiels. Mais bon, les "Challenges Musicaux de la ville de Brest" sont à ce prix!

Mardi 26 février: Tout le monde est prêt, mais le PC de Laurent refuse de fonctionner comme un bon petit soldat discipliné de la cause musicale. Grrr. Tu connais pas CCleaner? On remet ça à plus tard.

Mercredi 27 février: Personne n'est disponible, c'était prévu. On enregistre le lendemain après-midi et on mixe ça le soir quitte à déborder sur un bout de la nuit. Haha, on y croit.

Jeudi 28 février: Laurent m'a prévenu: il viendra vers 13h15, tout le monde dans mon humble demeure, transformée pour l'occasion en studio de tournage d'enregistrement (Black Neige fever). C'est parti pour une journée Anthology.

12h00: Réveil en douceur, hop je rentre chez moi motivé, je prépare tout, suis d'attaque, etc. l'à-peu-près grande forme!

13h30: Tiens, Laurent n'est pas encore arrivé? Coup de fil, répondeur, message interrogatif. Hum...

14h30: Appel des deux hurluberlus Glenn et David (Piloo et Tanguy étant en vacances, on fera des versions semi-acoustiques). "C'est où chez toi, au fait?" Hum, vous êtes juste venus 3 fois. Bon, je descends.

14h45: "Bah, on est devant un parc..." Ok, je fais le tour par derrière, en direction du parc donc. Bah tiens, ils sont en bas maintenant que j'ai fini le tour. Je commence à avoir des envies de meurtre.

14h46: "Quoi, il est pas encore là?" Sans blague, j'ai une tête à ce que Laurent soit là? Bon, on monte, on verra bien.

14h50: Troisième coup de fil à Laurent. Toujours rien. Hé bien, je vais l'enregistrer moi-même! "T'es sûr de toi? Ca m'pête les couilles, déjà!" Et moi, alors? Putain, un couteau, vite! Comme si on avait le choix.

15h30: Les choses se passent étrangement bien. Je me sers à peu près correctement du logiciel que j'ai commencé à utiliser... à l'instant, on commence des prises de son correctes, bon. "Moi j'ai toujours utilisé Audacity, y'a que ça de vrai." Une scie-sauteuse? Oui, sauf qu'il est installé sur le Mac de ta maman et qu'elle en avait besoin cette semaine... Il va quand même falloir mixer ensuite.

15h45: Tiens! Coup de fil de Laurent! En gros, on se voit ce soir, force majeure, il s'excuse. Le connaissant mieux que les autres, j'étais le seul à privilégier  l'involontaire de la chose. Je finis donc toutes les prises de son des deux autres, on complètera après.

16h00: "J'en ai marre, je préfère qu'on fasse ça chez moi". Il me faut une hache. Bon, c'est vrai, vu que Laurent n'est pas encore là, on n'a pas de micro pour la voix. Deux-trois trucs à régler, et c'est parti. 27ème "Putain, ça me pète les couilles!" Non, un taille-haies. On est donc chez Glenn, et ça va un peu mieux pendant 30 minutes.

17h30: Premier morceau dans la boîte, on va dire. On commence le 2eme. "Putain, j'ai prévu plein de trucs, j'devais voir ma copine en plus, merde, ça fait chier." Et moi, alors? Ah non tiens. Ah si en fait. Bref. Un tournevis? Une batte de base-ball? On a jusqu'à 18h00, en gros.

18h00: C'est au tour de David de faire chier, puisqu'il n'a pas trouvé de paroles sur le refrain de la 2ème chanson, vu qu'il n'aime pas trop ce morceau, finalement...

18h10: Un chalumeau. Un lance-flammes. Heureusement qu'on a du matos en réserve, on arrête notre choix sur un autre morceau. Problème: la 1ère compo étant cul-cul au possible, la 2ème plus énergique aurait montré une autre facette du groupe, plus Strokes. Mais là, on vire dans le Coldplay... Bon, y'a des guitares, des paroles, on y va, de toute façon il faut DEUX maquettes, il chanterait La Grosse Bite à Dudule que je l'enregistrerais. Un lance-roquettes? Un bazooka?

18h30: Bon, c'est dans la boîte, sauf mes parties de guitares et de bidouilles. On a toute la nuit, et des voisins en vacances. Repos, repas sur le pouce, pause thé chez Babeth, nouvelles d'untel et d'untel, DETENTE. Pas de guerre atomique, le monde tel que nous le connaissons est encore sauf.

20h30: Je reviens prendre la bagnole.

20h31: Mes clefs sont restées sur le contact, voiture fermée. Cri primaire. Les doubles sont dans mon studio. Les plus grands groupes ont galéré, au début...

20h35: Je passe chez Laurent, tout baigne, on va rattraper le retard, jusqu'à 2h du mat s'il le faut. Haha, on y croit trop. On embarque tout le matos, on va chez moi, après bien sûr un aller-retour pour récupérer mes doubles de bagnole afin de récupérer tous mes instruments dans le coffre...

21h30: On va enfin pouvoir bosser sérieusement, sur nos deux PC respectifs en plus. Ou pas. Je suis quand même rassuré d'avoir quelqu'un d'un tant soit peu calme et compétent à mes côtés. Et puis on va parler musique, c'est déjà ça.

22h00: Après avoir écouté les prises de son, qui s'avèrent être pas si mal, on attaque les rythmiques. Problème: Messieurs étant plus adeptes du feeling artistique que de la rationalité technique, les parties de guitares ne sont calées sur aucun rythme, évoluant donc au fil de la chanson. Nous allons donc enregistrer les percus au micro, en écoutant le morceau. Une cuillère en bois, un pot de café, un tube de billes, un tambourin plus tard, on y est.

23h30: On retravaille ces horribles guitares que je n'ai pas jouées. Bon ok, là j'exagère. Equalizer, chorus, réverbe, compression, delay, tout y passe, et ça prend forme!

1h00: Maintenant qu'on a le squelette, j'enregistre des parties de guitares tordues, non-académiques voire arabisantes (vu que de toute façon je suis incapable de jouer comme tout le monde, autant faire comme si c'était voulu). Laurent ajoute de l'orgue grâce au super ex-piano d'Erick (depuis que je lui ai rachetépour une bouchée de pain, héhéhé) Puis, travail des voix. Ayant fait deux prises c't'aprem, on fabrique un petit effet chorus naturel, bref. Heureusement, on a du thé. Accessoirement, quelques litres de café et de jus d'orange.

3h00: Depuis tout à l'heure, Laurent m'embête en me filmant avec sa webcam pendant que j'enregistre mes parties. Je ne sais pas encore pourquoi.

4h00: On a fini! Le 1er morceau! Bah oui, c'est tout. Hors de question de rendre une merde: puisqu'on a évité Le Curé de Camaret version Black Metal comme demo, autant rendre The Bends 2 (OK Computer 2, c'est pour Blue Chill)

4h30: Le téléphone sonne. Tiens donc. "Allo c'est Laure! T'as pas oublié que tu devais m'amener à la gare dans 10 minutes?" Je réponds: "Non non". Je pense: "Lol" Ca m'a quand même changé les idées 20 minutes de parler de trucs de voisine (Comprendre: futiles, mais j't'aime bien quand même). Je crois que pour un mec, je m'en sors bien, c'est déjà ça de gagné. Je laisse Laurent se débrouiller comme un chef seul chez moi. Je conduis comme un somnambule à travers Brest déserté, dur.

4h50: Coup de fil à Laurent. N'ayant pas pris mes clefs d'appart je suis enfermé hors du bâtiment. Nous sommes tellement KO que nos jeux de mots au 73e degré prennent une direction intersidérale ou quelque chose comme ça, loin, très loin de la rationalité technique de l'humour, justement.

7h00: Le 2ème titre est quasiment complet. Le producteur en chef ajoute une mélodie au piano composée au collège. Le morceau est tellement niais que ça colle parfaitement. Je vous ai dit que je n'aime pas trop ces titres?

8h00: C'est dans la boîte!!!!!!!! Il nous est littéralement impossible d'en réécouter la moindre note. Il faut maintenant réaliser un visuel du groupe, ainsi que celui de Faust Haarp/Blue Chill tant qu'à faire, dont les maquettes étaient prêtes en temps et en heure. Tout à l'heure Hier soir j'ai emprunté l'appareil photo numerique de Damien, encore merci. Un dessin pris en photo fera l'affaire, que les autres n'essaient même pas de me reprocher quoi que ce soit.

9h00: Il faut encore faire une fiche technique et une biographie du groupe... Je rends les armes, nous les ferons finalement l'après-midi à la Carène avant de rendre les démos sur un cd emballé dans un flyer trouvé sur place. J'apprends la différence entre une fiche technique et nos plans de scène ridicules. Prochaine répé lundi prochain.
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Epilogue (édition mai 2010): Sans surprise, on s'est fait jeter. The Bohemians que j'ai quittés peu après par manque de temps et d'envie deviendront les Dew Cold Lilies, Faust Haarp/Blue Chill dont je suis toujours résoudra sa schizophrénie, avant d'être sélectionné l'année suivante pour un concert d'ouverture atroce de bout en bout. Le lendemain, Laurent a mis en ligne cette vidéo récapitulant cette nuit inoubliable, avec une url myspace qui vaut son pesant de cacahuètes et d'ironie. Il arrive à tout ce beau monde de jouer sur scène et de boire des bières. It's a long way to the top...
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Par El funcionario - Publié dans : Rubrique-à-Brac - Communauté : Le Monde du Rock
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